{"id":1303,"date":"2014-02-21T23:16:32","date_gmt":"2014-02-21T22:16:32","guid":{"rendered":"http:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/?p=1303"},"modified":"2016-06-29T09:57:46","modified_gmt":"2016-06-29T07:57:46","slug":"la-tetralogie-noire-john-brunner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/la-tetralogie-noire-john-brunner\/","title":{"rendered":"La T\u00e9tralogie Noire : John Brunner"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">Peu d\u2019\u0153uvres de science fiction ont retenu autant l\u2019attention de la critique litt\u00e9raire ou universitaire que\u00a0<strong>Tous \u00e0 Zanzibar<\/strong>, roman de <strong>John Brunner<\/strong> (1934-1995) qui re\u00e7u le <em>Prix Hugo<\/em> en 1969, et qui impressionna durablement de nombreux auteurs de SF.<!--more--><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourrait-on, apr\u00e8s, \u00e9crire de la SF comme avant ? \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, non. La SF devait se radicaliser, fini les \u00e9toiles ! Le v\u00e9ritable univers parall\u00e8le, celui que fabriquent\u00a0<strong>aujourd<\/strong><b>\u2019hui<\/b> les m\u00e9dias, les gouvernements et\u00a0<strong>les\u00a0<\/strong><b>soci\u00e9t\u00e9s multinationales<\/b>, cet univers, il se joue aujourd\u2019hui, ici et maintenant, sous nos yeux !!! Et avec ce roman, <strong>John Brunner<\/strong> se hissait au niveau de plus grands de la SF, juste \u00e0 cot\u00e9 d\u2019un Philip K Dick ou d\u2019un Frank Herbert. Et ce ne sont pas les \u00e9crivains du \u00ab\u00a0mouvement\u00a0\u00bb <em>Cyberpunk <\/em>(un William Gibson)\u00a0qui vont me contredire. Et apr\u00e8s ce roman, John Brunner \u00e0 r\u00e9cidiv\u00e9, trois fois, avec\u00a0<strong>L\u2019orbite d\u00e9chiquet\u00e9e<\/strong>,\u00a0<strong>Le troupeau Aveugle\u00a0<\/strong>et <strong>Sur l<\/strong><b>\u2019Onde de Choc<\/b>. Une\u00a0<strong>T\u00e9tralogie Noire<\/strong>, quatre\u00a0<strong>dystopies <\/strong>effrayantes auquel notre monde actuel ressemble de plus en plus. Comme une sinistre proph\u00e9tie.<\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>TOUS \u00c0 ZANZIBAR<\/strong><\/span> (1968)<br \/>\nLe vrai XXI\u00b0 si\u00e8cle, celui qu\u2019on est net train de nous faire dans le dos est l\u00e0. Confus, complexe, grouillant et fourmillant. En comparaison,\u00a0<em>1984\u00a0<\/em>de <i>Orwell\u00a0<\/i> et\u00a0<em>Le Meilleur des mondes\u00a0<\/em>de\u00a0<em>Huxley,\u00a0<\/em>sont des r\u00eaves de jeunes filles. New York, entre angoisse et violence, en point de mire, surpopulation et pollution. Et partout, des d\u00e9viants par millions. \u00c0 leur t\u00eate l\u2019\u00e9tonnant et ambigu Chad Mulligan, auteur du\u00a0<em>Lexique de la d\u00e9liquescence<\/em><em>,\u00a0<\/em>livre dans le livre, dont on voudrait tout citer\u2026<br \/>\nL\u2019action \u00e9volue entre le Yatakang, une d\u00e9mocratie populaire coll\u00e9e contre la Chine rouge, et le Beninia, un territoire africain ind\u00e9pendant plong\u00e9 dans le marasme \u00e9conomique le plus complet. Mais en fait, c\u2019est partout la m\u00eame chose. Les services secrets occidentaux, la toute puissante\u00a0<strong>General Technics<\/strong>\u00a0tirent les ficelles du jeu. Et pendant ce temps, dans ses cuves baign\u00e9es de courants d\u2019h\u00e9lium liquide, <strong>Shalmaneser<\/strong>, grand fr\u00e8re de Big Brother, observe\u2026<br \/>\nLire <em>Tous\u00a0\u00e0 Zanzibar<\/em>, c\u2019est explorer une jungle. Ce livre est dense, riche et obs\u00e9dant. Chaque page, \u00e0 elle seule, aurait pu \u00eatre l\u2019amorce d\u2019un autre roman complet. Une technique d\u2019\u00e9criture plus proche de Dos Passos ou William Burroughs peut faire reculer. Mais c\u2019est un livre incomparable.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>L<\/strong><b>\u2019ORBITE D\u00c9CHIQUET\u00c9E<\/b><\/span> (1969)<br \/>\nNew York encore, parano\u00efa institutionnalis\u00e9e, la haine raciale s\u2019est transform\u00e9e en r\u00e9volte, puis en r\u00e9volution, et les deux communaut\u00e9s s\u2019arment. <em>La Gottschalk<\/em> est une maffia qui vend des armes, pour alimenter cette guerre civile pour laquelle elle prosp\u00e8re. D\u2019abords \u00e0 la communaut\u00e9 noire \u00e0 bas prix, puis aux blancs affol\u00e9s \u00e0 n\u2019importe quel prix. C\u2019est dans ce d\u00e9cor que les deux personnages principaux vont tenter d\u2019organiser l\u2019avenir contre <em>La Gottschalk<\/em>.<br \/>\nPour \u00eatre franc, sans doute le roman le moins r\u00e9ussi de cette t\u00e9tralogie. Une fin trop facile, un happy end trop rapide\u2026 Mais \u00e7a reste un des romans les plus riches de John Brunner. La comparaison avec le roman d\u2019un autre grand de la SF, Norman Spinrad et son livre <em>Jack Barron <\/em>s\u2019impose \u00e9galement.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>LE TROUPEAU AVEUGLE<\/strong><\/span> (1972)<br \/>\n\u00a0\u00bb La fin du si\u00e8cle comme si vous y \u00e9tiez ! \u00a0\u00bb Un monde ou la m\u00e9diterran\u00e9e est une mer morte, la plupart des plages sont interdites, de temps \u00e0 autre, \u00e0 New York, il pleut de l\u2019acide. Tout le monde, ou presque, souffre d\u2019allergies, d\u2019intol\u00e9rances ; les microbes r\u00e9sistent aux antibiotiques et la vermine aux insecticides. L\u2019eau du robinet n\u2019est pas potable certains jours\u2026<br \/>\nAu fait, est-ce la fin du si\u00e8cle ou la fin du monde ?<br \/>\nDans ce monde de contagions et de corruptions, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un compte \u00e0 rebours de la derni\u00e8re ann\u00e9e de l\u2019Am\u00e9rique. Et malgr\u00e9 Austin Train, philosophe en exil, personnage central de cette fresque, qui tente en vain une ultime d\u00e9marche, cette fois, pas de sauveur, il ne fait pas le poids. Il n\u2019y a plus de superman, l\u2019humanit\u00e9 n\u2019y survivra pas.<br \/>\nCe livre, dur, amer et d\u2019un r\u00e9alisme saisissant est un chef d\u2019\u0153uvre. \u00c0 mon avis, il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9quivalent en SF.<br \/>\nJe ne r\u00e9siste pas \u00e0 vous livrer le dernier chapitre dans sa totalit\u00e9, et ce n\u2019est pas un spoiler\u2026<br \/>\n<em>Les moutons affam\u00e9s l\u00e8vent la t\u00eate, et n\u2019ont\u00a0<\/em><br \/>\n<em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0rien \u00e0 manger.<\/em><br \/>\n<em>Gonfl\u00e9s de \u00a0vent, \u00a0ils \u00a0respirent \u00a0les \u00a0vapeurs<\/em><br \/>\n<em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0malfaisantes,<\/em><br \/>\n<em>Consum\u00e9s par la contagion et la \u00a0corruption<\/em><br \/>\n<em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0int\u00e9rieures.<br \/>\n<\/em><strong>MILTON<\/strong> : Lycidas<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>SUR L\u2019ONDE DE CHOC<\/strong><\/span> (1975)<br \/>\nDernier volet de la t\u00e9tralogie des utopies n\u00e9gatives de Brunner. Apr\u00e8s\u00a0<em>Tous \u00e0 Zanzibar<\/em>, la surpopulation, apr\u00e8s\u00a0<em>Le\u00a0Troupeau<\/em> Aveugle, la pollution et les d\u00e9sastres \u00e9cologiques, ce dernier livre conclut le tableau sombre de l\u2019avenir, en d\u00e9crivant une soci\u00e9t\u00e9 informatis\u00e9e future. Le monde en \u00ab\u00a0fiches m\u00e9canographiques\u00a0\u00bb, en puces et en fibres, les \u00c9tats-Unis recouverts, ou plut\u00f4t submerg\u00e9s, d\u2019un r\u00e9seau informatique, gardien des donn\u00e9es et des libert\u00e9s et de l\u2019ordre\u2026 Et bien sur avec la tentative de r\u00e9volte de quelques-uns avec un personnage de \u00ab\u00a0pirate informatique\u00a0\u00bb.<br \/>\nUn livre totalement visionnaire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 informatis\u00e9e ou tout est surveill\u00e9, contr\u00f4l\u00e9\u2026 \u00c7a ne vous rappelle rien ? Peut-\u00eatre que les outils informatiques qui sont d\u00e9crits dans ce roman ne sont pas tout \u00e0 fait identiques aux n\u00f4tres\u2026 Mais l\u2019usage qui en est fait, le pouvoir et le contr\u00f4le qui est exerc\u00e9 et les contres feu qui essayent de lib\u00e9rer ressemblent furieusement \u00e0 notre pr\u00e9sent.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0, 4 livres \u00e0 d\u00e9couvrir, \u00e0 lire. C\u2019est une T\u00e9tralogie, mais chaque roman est autonome, il peut se lire sans lire les autres. Mais chacun d\u2019entre eux vous donnera une pi\u00e8ce d\u2019un puzzle bien sombre. En revanche, il faut s\u2019accrocher pour les lire, le style en est complexe, absolument pas lin\u00e9aire, loin des canons habituels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien qu\u2019avec trois des ces quatre romans, John Brunner est inscrit au panth\u00e9on de la litt\u00e9rature.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu d\u2019\u0153uvres de science fiction ont retenu autant l\u2019attention de la critique litt\u00e9raire ou universitaire<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":1304,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[70],"tags":[29],"class_list":["post-1303","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres","tag-livres"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Tous-\u00e0-ZanzibarLe-Troupeau-aveugleSur.png","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1303\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/joseph-isola.info\/Sardequin\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}