Cinéma

La bataille des cinq armées

C’est fait, j’ai vu le dernier volet du Hobbit. Suite à mon précédent billet – ici – sur les deux premiers films, vous avez une petite idée de mes impressions. Et donc, pour ce dernier volet ?

Alors, que dire de ce film ? Déjà, si vous voulez lire des opinions vraiment tranchées, le forum du site Elbakin est un bon endroit, entre détestation du film, du travail de Peter Jackson sur cette trilogie et entre d’autres opinions plus nuancées, plus indulgentes et même de gens qui ont aimé ce film !

N’étant ni un spécialiste de cinéma, ni un amateur pointilleux de Tolkien et de son Hobbit, je ne vais pas détailler tous les défauts de ce dernier volet. Il y en a, oui ! Notamment dans le final, où la fameuse Bataille des 5 armées se résume presque à des duels entres certains personnages, et où on se demande où est passé cette cinquième armée. C’est aussi un film avec des scènes WTF (What The Fuck) corsées, où Legolas est vraiment too much, ou des grosses bestioles sorties tout droit du film Dune font leur apparition…

Alors, oui, comme j’ai pu le dire, il faut en prendre son parti. Le livre de Tolkien a été trahi. On est loin du conte que celui-ci racontait à ses enfants. On est loin du voyage initiatique qui a vu revenir un Bilbo changé.

Non, si vous êtes un pointilleux du roman, cette trilogie n’est pas pour vous ! Sauf si vous en acceptez la trahison. Peter Jackson a tiré son Hobbit vers son Seigneur des Anneaux.

Et finalement, j’ai aimé ce dernier volet. Le premier m’avait déçu, j’étais encore dans l’attente du rendu du livre de Tolkien. Il y avait des trahisons dans le SDA, mais pas autant que dans le Hobbit.SmaugDestroyingLakeTown

J’ai adoré l’attaque de Smaug, et sa mort m’a presque fait avoir de la peine pour lui. Alors peut-être bien que la coupure du deuxième film est arrivée trop tôt, et que le début du troisième film aurait du être la fin du deuxième. Mais c’était le choix de PJ. Bien sur il y a quelques petits trucs qui m’ont paru un peu trop tirés par les chevaux dans cette scène d’ouverture, mais de toute manière, un dragon… un dragon quand même… Alors bon, le réalisme…

Comme je ne vais pas spoiler, en vrac, Martin Freeman campe un Bilbo épatant, Richard Armitage, un Thorin magistral qui sombre dans la folie et qui retrouve sa lucidité trop tard. L’amourette entre Kili et Tauriel (qui soulève le cœur des fans hardcore) trouve sa place, et n’est pas si dérangeante. Bon, Galadriel en mode elfe badass, c’est WTF, Legolas encore plus bondissant que dans le SDA c’est WTF, mais ça passe quand même. Il y a du spectacle, de l’émotion, une fin peut-être trop rapide. Mais en même temps beaucoup avait reproché à PJ ses fins sans fin du SDA. Bien sur Beorn, personnage important dans le livre passe trop vite à la trappe, surtout dans la bataille finale… Les nains sont trop vite sacrifiés pour… mais stop, si je commence à énumérer tous les trucs qui manquent du roman, qui sont en trop du roman, on ne va pas en finir. Et je vais me retourne en mode fan hardcore… Et non, pas envie de ça.

En dernier lieu, cette trilogie reste pour moi, une très chouette trahison du Bilbo de Tolkien. Elle s’accorde parfaitement avec la vision de PJ du Seigneur des Anneaux. Et j’ai passé un excellent moment. J’ai tout simplement passé un très bon moment !

Je sais qu’une version longue est en préparation. D’ici une petite année, comme à son habitude, PJ va nous sortir le coffret avec les 3 versions longues (il faut bien faire marcher la machine à cash). Mais pas grave, je n’ai pas encore acheté les DVD des deux premiers films. Donc, ça m’ira très bien, pour au moment de la sortie, un week-end Bilbo.

C’était juste mon avis à deux balles. pas un avis de cinéphile, ni de spécialiste, et encore moins de fan hardcore de Tolkien. Il suffit de parcourir le fil de discussion du forum Elbakin sur les avis autour du film pour se faire une idée des contre et des pour. C’est parfois plein de mauvaise foi, pour de bonnes raisons parfois.

 

Sinon, juste ne passant, je viens de m’acheter le premier volet du Seigneur des Anneaux, dans sa toute nouvelle traduction (revue et corrigée). Ça promet d’être intéressant. Déjà le titre change : La Fraternité de l’Anneau ! Tout un programme.

 

8 réflexions au sujet de « La bataille des cinq armées »

  1. J’ai aimé les deux livres, mais j’ai un ressenti spécial : « Bilbo » est un livre qui a illuminé mon enfance, et « le Seigneur » m’a fait vibrer quand j’étais adolescent. Paradoxalement, ce sont des livres très différents. Je pense que Peter Jackson a lui aussi plus été impressionné par « le Seigneur » que « Bilbo », d’où les modifications profondes. A mon humble avis, je suis persuadé qu’un jour ces deux oeuvres donneront lieu à une longue série télévisée à gros budget qui mettra tout le monde d’accord 🙂

    1. J’ai découvert le Seigneur des Anneaux en 1973 (ou 1974), et ça a été un choc littéraire… J’étais déjà un très gros lecteur de SF à l’époque (il m’arrivait de lire 2 à 3 livres par semaine). J’ai le souvenir de l’avoir emprunté à la bibliothèque du lycée (j’étais interne), dans l’édition Bourgois grand format, d’avoir lu le premier tome en 2 jours, et d’avoir foncé ensuite pour emprunter les deux autres tomes, lus en une semaine et avoir relu les 3 à la suite la semaine suivante (et j’ai du le relire au moins une fois par an pendant plus de 20 ans) ! C’est dire… En revanche, la lecture de Bilbo quelques temps après ne m’a pas laissé le même souvenir. C’est sans doute pourquoi je suis indulgent avec l’adaptation de PJ, tout en n’occultant pas les défauts cinématographiques…

      Et maintenant, je suis en train de relire la nouvelle traduction.

  2. En fait, pour moi la pire erreur de Peter Jackson est de ne pas avoir tenu compte de la légèreté de ce conte : honnêtement, je pense que personne ne lui en aurait voulu de réaliser deux films légers pleins d’humour et de poésie à partir de ce livre pour enfants. Mais il a voulu à tout prix une trilogie épique avec un triangle amoureux, du coup cela donne une oeuvre bancale : pas assez naïve pour des enfants, et trop légère pour les amateurs d’une fantasy plus sombre style Seigneur des Anneaux. Le grand écart était impossible… Et puis il y a cette histoire de CGI : pour le tournage du premier volet, il parait que les ateliers WETA avaient réalisé bon nombre de masques en latex pour les gobelins, mais Jackson a décidé d’opter pour du tout numérique avec le résultat que l’on sait.

    Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je vais quand même regarder la version longue du premier film, que j’avais apprécié. Et si le résultat me convient, la version longue de Smaug, que j’avais détesté… On verra bien 🙂

    1. Tu as raison sur « l’erreur » de Peter Jackson. C’est justement ce qui m’a déçu sur le premier film et paradoxalement plu sur le second.
      Par contre, le public majoritaire des films n’est pas forcément lecteur des livres (même si il y a eu un effet film SDA sur la vente des romans), et donc pas connaisseur du roman Bilbo. Je crois que c’est ce qui a motivé PJ. C’est peut-être dommage, mais il semble qu’au final, les chiffres de fréquentation des films du Hobbit lui donne raison. Le SDA (version PJ) est une trilogie qui monte en puissance et en noirceur au fil des 3 films, et il a voulu faire la même chose pour le Hobbit. C’est sans doute son erreur, mais il a du estimer (lui et son équipe) que le public des films attendait une histoire comme celle du SDA…
      Ce qui est clair, c’est que cinématographiquement, il y a un coté bancal dans certains films, notamment le dernier (je le dis dans mon article).

      Enfin, tout ça n’est pas simple. Le roman est très court, et il faut le dire, parfois bancal lui aussi. La dernière bataille est racontée tellement vite dans le livre… Enfin, je ne sais plus trop sur quel pied danser entre le livre et les films. Je comprends certaines critiques, mais j’ai aussi du mal avec. Par exemple, quand on reproche à PJ d’avoir « baclé » la présentation des nains qui accompagnent Bilbo et qu’au bout du compte on n’arrive plus à les distinguer, n’oublions pas que Tolkien va les différencier entre autre par la couleur de leurs bonnets… Bon… Dans un conte, ça passe. Dans l’esprit de l’histoire que PJ à voulu relier à sa première trilogie, pas évident…

      A suivre… 😉

      En même temps, je suis allé le voir avec mon fils (bon, il est grand il a 18 ans), et rien à faire pour avoir son avis… Il n’a pas voulu en discuter… Pas bon signe 😉

  3. Merci pour ton article, qui me conforte largement dans mon boycott : j’ai failli plusieurs fois m’étrangler, notamment quand tu écris que Beorn passe à la trappe ou qu’il y a encore plus de legolasseries que dans le Seigneur des Anneaux… Je crois qu’en tant que fan absolu du livre, ces films ne sont décidément pas pour moi. J’aurais rêvé d’un Bilbo en deux parties, avec un troisième film indépendant servant de vrai lien entre les deux sagas. Hélas, Peter Jackson est parti dans une direction qui ne me convient pas. La bonne nouvelle, c’est que le réalisateur néo-zélandais s’en remettra, vu les millions de dollars qu’il a gagné avec sa trilogie, « comme un morceau de beurre qu’on étale sur une tartine trop grande »… 🙂

    1. Je comprends parfaitement ton point de vue. Même si j’ai apprécié le spectacle, j’ai ressenti moins d’émotions et de joie qu’avec le SDA. Il faut dire aussi, que la trilogie de Tolkien a été très longtemps un livre de chevet, que j’ai lu et relu 100 fois. Et que le voir porter à l’écran a été un pur bonheur, malgré les « petites trahisons » du scénario. Alors que le Hobbit reste pour moi un livre sympa, plaisant, mais n’a pas la force de la suite. Donc, même s’il y a eu dans ce cas de grosses trahisons, que je peux comprendre insupportables, je ne me suis pas senti trahi à ce point. Ce qui est clair, c’est que dans l’imaginaire de Tolkien, cette « trilogie » du Hobbit restera cinématographiquement mineure par rapport au Seigneur des Anneaux. Le livre, certes, n’est pas un livre mineur, mais clairement, il ne m’est pas aussi essentiel que sa suite…

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