De jour en jours

Pourquoi je suis Charlie !

Je ne vais pas dire ici toute la sidération que je ressens, toute la tristesse, et aussi toute la rage…

Mais je vais vous raconter une petite histoire, qui va vous faire comprendre pourquoi je pleure Cabu et Wolinski peut-être encore plus… Et pourquoi Charlie Hebdo était si essentiel pour moi.

Reiser
Reiser

Je suis un « enfant » de Charlie Hebbo, de Hara Kiri, de Pilote (matin quel journal)… Je lisais Charlie dans les années 70/80, et j’étais nourri à Reiser, Wolinski et Cabu ! Reiser et son personnage du Gros dégueulasse, Cabu et son A bas toutes les armées… Tous leurs dessins, tous leurs engagements ont forgé les miens…

Ma petite histoire se passe à Tours en 1979/80, j’étais étudiant en IUT. Et je suis allé à un concert de Mama Béa Tekielski, auteure compositrice interprète rock… Je suis allé à ce concert, parce qu’un article dans un Charlie Hebdo de cette année 79/80 parlait de cette chanteuse. Et quand elle a donné un concert à Tours, j’y suis allé…
Mama BéaÀ la fin de son concert – presque 2 heures d’énergie pure – Mama Bea fait une petite annonce, en nous disant de prendre le temps de s’arrêter à la sortie à un « stand » tenu par des camarades objecteurs de conscience – un autre combat de Charlie Hebdo et de Cabu – Il faut savoir qu’à cette époque, il était interdit, oui, interdit de faire de la « publicité » autour de ce statut et de la loi sur le statut d’objecteur de conscience. Charlie Hebdo, Mama Béa ce jour là et surement d’autres jours, et les objecteurs distribuant leurs tracs étaient dans la plus totale illégalité. Tout Charlie était là, rebelle et anti-conformiste…
Et bien sur, je me suis arrêté à ce stand, j’ai pris un trac, j’ai discuté quelques minutes avec eux… Quelques mois plus tard, j’ai fait ma demande de statut d’objecteur de conscience… Mes frangins s’en souviennent sans aucun doute, ma maman aussi 😉 ! Un vrai psychodrame familial qui s’ajoutait à la gauche au pouvoir (et les chars russes dans Paris 🙂 – souvenirs souvenirs).
En 1981, j’ai démarré mon service civil (novembre 1981-septembre 1983), dans une association à Toulouse, l’Association des Paralysés de France. En 1988, toujours à l’APF, je suis arrivé à Aix en Provence pour gérer un service d’auxiliaires de vie d’aide à domicile auprès de personnes handicapées moteur… Et j’y ai rencontré celle qui est devenue mon épouse, Laurette…

Un journal, des dessins, un concert, une objection de conscience, une vie.

Je suis Charlie, définitivement…

 

Frédéric Boisseau, agent d’entretien, Franck Binsolaro, brigadier, Cabu, dessinateur, Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse, Charb, dessinateur, Honoré, dessinateur, Bernard Maris, économiste et chroniqueur, Ahmed Merabet, agent de police, Mustapha Ourrad, correcteur, Michel Renaud, ancien directeur du cabinet du maire de Clermont de passage au journal, Tignous, dessinateur, Wolinski, dessinateur,

Clarissa Jean-Philippe, agent de police, Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen et François-Michel Saada, citoyens.

Ils sont morts, pour les premiers dans Charlie Hebdo et devant, et pour les seconds, assassinés par le preneur d’otages de la porte de Vincennes.

2 réflexions au sujet de « Pourquoi je suis Charlie ! »

    1. Merci !
      C’est loin d’être terminé d’ailleurs. J’ai toujours l’envie de faire quelque chose, je ne sais pas encore quo. Mais j’y réfléchi !
      Une chose est déjà certaine, le nouveau numéro de Charlie doit sortir le 25 février, et l’abonnement est prévu dans la foulée. C’est déjà une première chose. Mais il y a bien plus à faire pour défendre une certaine idée de la liberté…

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